Au fur et à mesure que les activités de maintien de la paix de l’ONU ont inclus une approche humanitaire plus large, les femmes sont devenues plus présentes dans la famille du maintien de la paix.
Des femmes sont déployées dans tous les secteurs – police, militaire et civil – et ont un impact positif sur l’environnement dans lequel opère les missions de paix.
C’est dans ce cadre que le colonel Elias Rodrigues Filho, le commandant de la Force de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo, a honoré le lieutenant Chérihane Aboul-Kheir Rouchdy, en lui décernant la médaille de l’ONU. Selon la déclaration du Bureau des Nations Unis, la capitaine Chérihane faisait partie de 51 casques bleus de différents pays du monde.
Depuis l’adhésion de l’Egypte aux forces de la Mission des Nations Unis pour le maintien de la paix en RD Congo en 1960, plus de 30 mille des forces de la police et de l’armée égyptienne ont participé à plus de 38 missions dans 24 pays à travers le monde. L’Egypte compte parmi les grands pays participants. Aujourd’hui, il en existe 3200 égyptiens et égyptiennes aux forces de maintien de la paix au Congo, à Mali, au Sahara occidental et au Darfour.
La brigadière Nahed El-Wahi
La brigadière Nahed El-Wahi est la première femme officier de police d’Egypte à avoir rejoint la Force de maintien de la paix des Nations Unies. Elle a rejoint son service en 2014 après que la police égyptienne a ouvert la porte aux policières égyptiennes afin de rejoindre leurs collègues masculins aux missions de maintien de la paix. Après avoir obtenu son diplôme du Collège de la police (Collège des officiers spécialisés) en 1988, elle a travaillé pendant 25 ans au Département des passeports, puis à l’Unité de lutte contre la violence à l’égard des femmes ; et a participé à la protection des parcs publics, pendant les vacances et les jours fériés, contre le harcèlement sexuel.
Membre des Forces de maintien de la paix au siège de la MINURSO (Mission des Nations Unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental), et à la tête du bureau de la police égyptienne, elle a notamment pour tâche d'intervenir directement dans les cas de violences sexuelles contre les femmes dans sa zone de service. D’ailleurs, elle contribue à aider les survivantes, tout en appliquant les règles et normes établies par les Nations Unies pour ses missions dans les zones en crise.
Le colonel Sahar Ibrahim
Elle a fait partie de la première délégation de policières égyptiennes participant aux forces internationales de maintien de la paix, et a été membre des Forces de maintien de la paix des Nations Unies au Darfour (Soudan) en 2016. Le colonel Sahar Ibrahim Abdoul Raouf a été diplômée de l'Académie de police (Collège des officiers spéciaux) en 1990, et a occupé de nombreux postes au ministère de l'Intérieur. Elle a participé à plusieurs cours de formation et conférences sur la résolution des conflits et le maintien de la paix en Afrique en coopération avec l'Organisation des femmes arabes.
Malgré le rôle important que jouent les femmes, en tant que gardiennes de la paix dans les communautés desservies par ces missions, en particulier avant et après les violences sexuelles pendant et après les conflits, elles ne représentent toutefois que 4% du nombre total de soldats de 80 000 agents de maintien de la paix. Les Nations Unies aspirent à accroître la participation des femmes à la Force, car les femmes officiers sont de plus en plus en mesure de gagner la confiance des communautés qu’elles servent, en particulier des femmes, et participent ainsi à résoudre les problèmes et combler les besoins de celles-ci. Ces soldats de la paix sont également des modèles pour les jeunes filles, et leur présence les incite à poursuivre leurs rêves, et se voir travailler côte à côte avec les hommes, ce qui les aide à comprendre l'égalité des sexes et à aspirer à y parvenir.